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« Avant le COVID-19 il y avait » : panel des grandes pandémies que le monde a connu – Partie 1

La pandémie que nous traversons est historique. Nous n'avons jamais vécu de notre vivant une chose pareille. Et pour cause, la dernière grande pandémie que le monde a connu est la grippe espagnole de 1918. Néanmoins, le monde n'en est pas à son premier grand virus. Petit panel des différentes pandémies mondiales qui ont marqué l'Histoire.

 

Le monde a connu quatre grandes pandémies au cours de son histoire. Une pandémie est définie comme une épidémie étendue à toute la population d’un continent, voire au monde entier. Si nous en vivons une historique actuellement, ce n’est pas la première de l’Histoire.


La Peste Noire – De 1347 à 1349

Un «médecin de peste» (soignant la peste bubonique)

Simple, rapide, efficace. Ces trois mots caractérisent parfaitement la peste.


TW : on va parler de bubons de pus, d’anus de poulet et de vilains rats. Âme sensible s’abstenir…


Provenant d’Extrême-Orient, la peste ravage l’Europe en l’espace de quelques années. Elle y arrive via le bassin méditerranéen : en 1347, un voilier transporte des passagers à destination de Marseille avec en bonus des rats à son bord. Ces derniers sont infestés de puces porteuses du bacille de Yersin, bactérie responsable de la peste. Les puces vont contaminer les membres de l’équipage par piqure, avant que ces derniers ne sillonnent l’Europe en y diffusant, avec eux, la peste. Celle-ci se propage alors à une allure fulgurante. Elle part des villes portuaires avant d’irradier les villes et les campagnes. Cette épidémie, devenue pandémie, tue plus d’un tiers des Européens. À cause de ce fort taux de mortalité, on appelle cette pandémie la Peste Noire.


Trois types de peste sévissent en Europe dans la seconde moitié du XIVème siècle. La peste dite bubonique, la plus fréquente et la plus mortelle. Cette peste se caractérise par l’apparition de nombreux bubons remplis de pus sur la peau des malades ainsi qu’une forte fièvre qui provoque hallucinations et vertiges. Très vite la peste bubonique se transforme en peste pulmonaire, mortelle dans 80% des cas. Il existe aussi un autre type de peste, septicémique, qui infecte directement le sang de sa victime sans apparition de bubons.


Mais savez-vous comment on soignait la peste bubonique à l’époque ?

Cocoricooo ! on soignait la peste bubonique à l’époque avec des anus de poulets ! Ces derniers servaient à aspirer la maladie par le bubon. Un bien pour un mal puisque l’entourage du malade risquait d’être contaminé lors de l’incision du bubon qui pouvait facilement projeter la maladie un peu partout. Pas sûr que cette technique soit acceptée par la majorité des gens aujourd’hui…


A l’époque, les médecins, incapables de proposer un véritable traitement fiable et cohérent voient cette maladie comme une punition divine. Les pêcheurs sont pointés du doigt comme responsables de cette catastrophe. Les juifs sont aussi pourchassés lors de cette épidémie en raison de leurs croyances divergentes de celles des catholiques. En 1353, Jean le Bon alors roi de France met en place une première mesure de confinement en clouant sur la porte des malades une croix. Les malades qui sortent doivent alors être munis d’un bâton blanc pour être reconnus.


En tout c’est près d’un tiers des Européens qui succombent à cette Peste Noire entre 1347 et 1349 avec plus de 25 millions de décès. La maladie a laissé derrière elle une Europe ravagée en quelques années seulement, qui a eu bien du mal à s’en relever.


Pour en savoir plus sur cette pandémie :



Le choléra – De 1817 à 1855

La Une du Petit Journal du 1er décembre 1912

Faisons un bond dans le temps et arrivons en 1817. Cette année-là marque la première vague épidémique de choléra à travers le monde. Cette bactérie du nom de Vibrio cholerae atteint rapidement l’ensemble de l’Asie, terre d’origine du choléra avant de s’étendre jusqu’à l’est du continent africain. En ce qui concerne le continent européen, la première vague se stoppe à la frontière de l’Empire russe. L’Europe est donc épargnée par cette première vague.


A l’époque on ignore l’origine de cette maladie. Le bacille responsable du choléra ne sera identifié qu’en 1884 par le microbiologiste allemand Robert Koch. L’Europe ne sera touchée par le choléra qu’à partir de la seconde vague, en 1829. A partir de 1831, ce sont les pays d’Europe du Nord-Ouest qui vont être frappés par l’épidémie. Londres est touchée à partir de fin 1831, Paris en mars 1832. La bactérie Vibrio cholerae arrive ensuite en Europe du sud à partir de 1833/1834. Au milieu du XIXème siècle, l’Europe connaît plusieurs vagues épidémiques plus ou moins meurtrières. En 1832, en France, 100 000 personnes succombèrent au choléra. En 1854, elle atteint les 150 000 morts, lors de l’épidémie la plus violente pour le pays. En tout au XIXème siècle ce sont 500 000 personnes qui meurent du choléra.


Ce virus se transmet par voie buccale. Il déclenche alors une importante déshydratation de l’organisme avec diarrhées et vomissement. La contamination s’effectue via l’eau des boissons, l’absorption d’aliments contaminés, ou encore par des vêtements souillés par la bactérie ainsi que par des contacts directs de main en main. Les chances de survies sont de 50% au XIXème siècle.


Il n’y avait pas vraiment de remède pour soigner le choléra. Néanmoins, Jean Giono dans son roman Le Hussard sur le toit (1951), dont les personnages évoluent pendant cette épidémie de choléra, évoque un potentiel remède utilisé. Dans le livre, le personnage principal tente régulièrement de soigner des malades en les déshabillant puis en les frictionnant avec de l’alcool. Une méthode qui ne marche pas vraiment dans le roman…


Pour en savoir plus sur Le Hussard sur le toit, découvrez le film de 1995 inspiré du roman :



Et vous, connaissiez-vous toutes ces pandémies ? La suite au prochain épisode...


Photos : tous droits réservés à All That's Interesting ; Le Petit Journal ; Kuma Kum / Unsplash.

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