Crusoa te raconte Hong Kong

Cette région située au Sud-Est de la Chine est en proie à d’importantes manifestations depuis le mois de juin dernier. Et pour cause, les manifestants hongkongais s’insurgent contre l’influence chinoise de plus en plus importante à Hong Kong. Mais qu’est-ce que Hong Kong ? Pourquoi le gouvernement chinois a-t-il tant d’influence sur cette petite région d’Asie comptant à peine 7.5 millions d’habitants ? CRUSOA revient sur l’histoire d’Hong Kong pour mieux comprendre la situation actuelle.

 

L’île de Hong Kong, du II ème siècle avant notre ère et jusqu’en 1842, appartient à la Chine impériale. A partir du XVI ème siècle, les européens, assoiffés de découvertes ont notamment des vues sur l’archipel. La Chine de plus en plus inquiète de cet intérêt européen pour Hong Kong met en place un certain nombre de restrictions. Les tensions se multiplient notamment avec les Britanniques au sujet de l’opium. Cela débouche sur deux guerres successives entre Chinois et Britanniques : les guerres de l’Opium. Les Anglais sortent victorieux de ce conflit. L’île de Hong Kong est alors cédée à ces derniers, accompagnée de la péninsule de Kowloon après la première guerre de l’Opium (1839-1842). Lors de la seconde guerre (1856-1860), les régions appelées les Nouveaux territoires de Hong Kong sont acquises également par la couronne britannique, pour une durée de 99 ans. En tout c’est une superficie de plus 1.100 km2 que possèdent les Anglais, une partie définitivement, une autre pour une durée de 99 ans.



Hong Kong colonie anglaise


Les différents territoires composant la région de Hong Kong

Durant la colonisation anglaise, Hong Kong connaît un important essor économique. La région est gérée par un gouverneur nommé depuis Londres. La région frontalière à la Chine profite d’un régime colonial avec certains aspects démocratiques. La liberté d’expression est possible, la liberté de la presse aussi. Il y a également une indépendance judiciaire pour cette région d’Hong Kong. Néanmoins, ce n’est pas une démocratie à part entière car aucune élection démocratique n’y est permise.


En 1979, 22 ans avant l’expiration du bail anglais sur les Nouveaux territoires, les Anglais et Chinois conviennent finalement d’un accord de rétrocession totale de la région de Hong Kong. Cet accord comprend l’île d’Hong Kong, la péninsule de Kowloon ainsi que les Nouveaux territoires pour 1997. Les Anglais cherchent tout de même à avoir des garanties. Les Anglais élaborent en particulier une future Constitution pour Hong Kong. Cette constitution est en quelque sorte une copie du modèle chinois qui comporte une Assemblée populaire nationale ainsi qu’une commission consultative politique du peuple chinois. Les Britanniques demandent également à ce que le gouvernement chinois respecte les libertés fondamentales des Hongkongais notamment en ce qui concerne la liberté de la presse et de culte.


Hong Kong devient une RAS (Région Administrative Spéciale) chinoise


Le 1er juillet 1997, Hong Kong est donc officiellement rétrocédée à la Chine sous la forme d’une région administrative spéciale. Naît alors le principe de « un pays, deux systèmes ».

Cependant, l’influence et la mainmise de la Chine sur Hong Kong se fait de plus en plus grande au fil des années. En effet, le gouvernement de Xi Jinping cherche à réduire au maximum l’autonomie de Hong Kong. Ce territoire est stratégique pour la puissance chinoise qui ne cesse de croître. En effet, la région de Hong Kong est une place majeure de la finance internationale.


A plusieurs reprises les habitants de Hong Kong manifestent contre cette emprise chinoise. En 2014, ils descendent dans la rue lors de la célèbre « révolution des parapluies », pour protester contre le souhait de Pékin de mettre fin au suffrage universel direct pour l’élection du chef de l’exécutif, qui n’aura finalement pas lieu. Ces libertés d’opposition et de manifestation possibles seulement au sein de cette région spéciale agacent profondément le leader chinois Xi Jinping. Il cherche depuis plusieurs années à y favoriser les partis pro-Pékin. Le chef de l’exécutif à Hong Kong est élu par un comité qui est acquit par Pékin. Au niveau du Conseil législatif, seulement la moitié des membres sont élus au suffrage universel direct, les autres sont élus par des corporations fortement influencées par Pékin.


Une manifestation des hongkongais lors de la "Révolution des parapluies" en 2014


Hong Kong au cœur de l’actualité depuis plusieurs mois



Des manifestants contre le projet de loi d'extradition de 2019

Depuis juin 2019, Hong Kong est de nouveau au cœur de l’actualité internationale. Carrie Lam, la cheffe de l’exécutif a annoncé un projet de loi qui vise à faciliter l’extradition de personnes recherchées vers la Chine. Des manifestations ont alors suivi et un mois plus tard on compte plus d’un million de personnes dans la rue pour protester contre cette loi. Les tensions sont alors très fortes, de même que la répression. La police en est venue à tirer à balles réelles lors d’une manifestation le 1 er octobre, jour de célébration du 70 ème anniversaire de la création de la Chine populaire.


Joshua Wong, un des principaux visages de la jeunesse contestataire

Les arrestations se font de plus en plus nombreuses. Début décembre, Joshua Wong, symbole de la résistance hongkongaise a été condamné à 13 mois d’emprisonnement alors que deux autres manifestantes, Agnes Chow et Ivan Lam ont été respectivement condamnées à dix et sept mois de prison.

La question que l’on peut se poser est : jusqu’où ira la Chine sur son influence vis-à-vis de Hong Kong ? La question de l’identité hongkongaise est de plus en plus remise en question, ce qui suscite de plus en plus d’inquiétudes à l’international.


Alors, vous saviez tout sur Hong Kong ?


Photos : tous droits réservés à Tao Ho ; Anthony Wallace / AFP ; Alex Ogle / AFP ; Isaac Lawrence / AFP ; AFP.

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