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  • Eva

De l'importance de croiser ses sources

Dans cette période d’hyperconnexion, on finit par se perdre dans toutes les informations qui circulent sur internet à longueur de journée. Les réseaux sociaux ont ouvert la porte à de nouvelles sources, plus ou moins fiables et il est important de rappeler que toutes les sources ne sont pas bonnes, et encore moins fiables.


Avec l’avènement d’internet, tous les utilisateurs des réseaux sont à la fois producteurs et récepteurs de contenus. Historiquement, les médias de masse répondent à un modèle appelé le “un à tous”, c’est-à-dire que des professionnels choisissent de faire paraître ou non des informations et les vérifient du mieux qu’ils peuvent. Internet répond à un nouveau modèle, le “tous à tous”. Il y donc une ouverture du secteur de l’information et de nouveaux producteurs : les médias alternatifs mais aussi n’importe quel internaute.


Jusque là, pourquoi pas : on a souvent critiqué les médias traditionnels pour leur regard biaisé, corrompu par des objectifs économiques et autres. Mais la démocratisation de l’information amène un nouveau biais : les “fake news”. Ce sont des informations fausses, qu'elles le soient intentionnellement ou non. Ce sont des contenus qui imitent les codes d’un contenu journalistique. D’ailleurs, le terme “fake” induit l’idée de contrefaçon. Ce sont des imitations d’information.

Je n’ai certainement pas la science infuse, mais si j’ai appris quelque chose au cours de mes études, c’est l’importance de croiser ses sources et de vérifier ses informations, notamment sur les réseaux sociaux, où la production de “fake news” est industrialisée. Aujourd’hui, les réseaux sociaux sont la principale source d’information pour un nombre toujours plus important de la population (notamment chez les 18-25 ans), mais les informations vérifiées et non vérifiées sont sur le même plan. 


Comment vérifier les informations ? 

Tout d’abord, ce travail de renseignement est assez simple et rapide ; vous n’avez pas besoin d’aller fouiller dans les fins fonds d’internet pour vérifier une information. 


Puisqu’un exemple est toujours plus parlant qu’une théorie, je vais vous parler du tweet qui m’a donné envie d’écrire cet article, un tweet du compte @/Conflits_FR publié le 08 avril 2020 qui porte sur (je vous le donne en mille) … Le coronavirus ! 


Tout d’abord, ce compte est une sorte de média alternatif tenu par un étudiant en droit. Que faire de cette information ? Rien, mais toujours garder à l’esprit qu’il n’est tenu à aucunes règles déontologiques, et donc que rien ne l’empêche de publier son propre avis, sans pour autant l’indiquer. 


Le tweet en question parle d’un document d’un cabinet de conseil en stratégie qui prévoit que le pic épidémique arriverait en France au cours de la 3ème semaine de mai, et que le déconfinement ne se ferait pas avant mi-juin. Dans les commentaires, tout le monde s’enflamme. C’est à celui qui critiquera le plus le gouvernement de ne pas nous avoir averti plus tôt. Mais quelles sont les sources ? Sont-elles fiables ? Ce cabinet a-t-il la science infuse sur la question ? Le seul lien proposé par le compte mène directement vers le document du Boston Consulting Group. Une petite enquête s’impose alors.


Outre le fait qu’un cabinet de conseil en stratégie, si prestigieux soit-il, n’est certainement pas le plus apte à donner un avis sur une crise sanitaire, on se rend rapidement compte que l’information relayée par @/Conflits_FR n’est que partiellement vraie.


En cherchant sur internet “Boston Consulting Group déconfinement”, on tombe sur plusieurs articles. Le site de Linternaute présente rapidement ledit document et parle d’un communiqué du groupe qui préciserait que le document ne devait pas être divulgué au public, qu’il a fuité illégalement. Pas de liens vers le communiqué ici, mais l’article évoque toutes les possibilités données quant à un futur déconfinement, notamment l’avis du conseil scientifique et les pistes gouvernementales. Le site RTL, lui, explique dans un court article que le document a fuité et fournit un lien pour aller consulter le fameux communiqué. 


Voici ce qu’on peut lire dans le communiqué : “Un document de travail du BCG datant de plus d'une semaine, illustrant un scénario de la manière dont le virus COVID-19 pourrait progresser, a circulé publiquement sans contexte ni autorisation du BCG. Comme il est clairement indiqué tout au long du document, la présentation n'a pas pour but de constituer ou de se substituer aux conseils médicaux ou de sécurité.”


Ce qui peut être reproché à @/Conflits_FR c’est la manière dont l’information a été présentée. L’information est présentée comme sûre et il n’est pas mentionné que l’avis du Boston Consulting Group n’est en aucun cas médical. Le contexte de publication n’est pas présenté non plus : le document a fuité illégalement et le compte ne le souligne pas. 


Cette vérification me paraît nécessaire, voire même primordiale pour toutes les informations relayées par des non-professionnels. Les “fake news” sont un produit informationnel particulièrement compétitif. Elles sont souvent plus vues et plus partagées, car elles ont un contenus engageant. Il y a donc plus de chance de tomber sur une “fake news” que sur une information vérifiée. Notez aussi que les “fake news” fonctionnent grâce aux récepteurs. Il existe un public pour les partager, pour les relayer. Restez sur vos garde quand vous vous baladez sur internet, ne vous laissez pas avoir par le nombre de followers, de retweets, de likes, ou autre. 


À noter : certains médias ont mis en place des sites de facts checking, qui ont pour but de vérifier les informations relayées sur les réseaux sociaux :

  • Libération a lancé une rubrique désintox

  • Le Monde s’appui sur ses décodeurs, qui ont lancé le décodex


Ce qu’il faut retenir : 

Quand vous trouvez une information qui vous semble biaisée, qui ne donne pas les moyens de vérifier les informations données ; croisez les sources, allez sur différents sites d’information sûrs et officiels, appuyez-vous vous sur les sites de facts checking. Le plus important dans tout ça, c’est de toujours rester sur vos gardes en “surfant sur le net”, car les fake news sont devenues monnaie courant et qu’il est bien plus facile d’y croire quand on ne questionne pas ce qui nous entoure. 



Articles cités plus haut : 




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